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WUBC – Dubai 2015

Isabelle Ascah-Coallier

Au mois de juillet dernier, j’ai reçu un courriel des capitaines de l’équipe féminine canadienne qui m’invitait à jouer aux Championnats du monde d’ultimate de plage. J’étais assez excitée. Déménageant en Angleterre, c’était probablement ma première et seule opportunité de représenter le Canada dans une compétition de cette ampleur. En voyant l’alignement, l’excitation a fait place à une petite angoisse : j’allais jouer en compagnie d’athlètes comme Gen Laroche, championne américaine et championne du monde à multiple occasions avec Fury; Candice Chan, membre de l’équipe canadienne pour les Worlds Games en 2013; Tory, Kwok, Anne-Marie Carey, championnes du monde en 2012; et je pourrais continuer. Je me sentais petite.

Après avoir gagné les championnats du monde avec Vintage, j’ai pris quelques semaines en dehors du gym, continuant à jouer à Cambridge. Au mois de septembre, j’ai repris l’entraînement un peu plus intensément. J’ai joint Crossfit Cambridge afin de pouvoir m’entraîner en groupe. C’est plus facile de garder la motivation. J’ai définitivement amélioré mon extension des hanches à travers les mouvements d’haltérophilie. Merci à Lee, Phil et James de Crossfit Cambridge. J’ai aussi profité de ses mois pour essayer de guérir mes petits bobos.

Petit problème au niveau de l’entraînement: ce sont des championnats sur plage et le sable manque à Cambridge. Tous ceux qui ont déjà joué dans le sable savent à quel point c’est différent de jouer sur gazon. La technique pour courir, pour changer de direction n’est pas la même; après deux changements de direction tu veux mourir. Mon copain planifie des petites excursions à la plage afin de m’aider à mieux me préparer. Ce n’est pas toujours dans les meilleures conditions par contre. Je dirais qu’une rando de 15 miles n’est probablement pas le meilleur échauffement avant un entraînement dans le sable.

Viens le mois de mars et le départ pour Dubaï. Je n’ai joué avec aucune des filles auparavant. La plupart se connaissent, venant pour la majorité de l’Ouest canadien. Je suis un peu stressée. Est-ce que je saurai faire ma place? Dès que j’arrive, toutes les filles sont super accueillantes et je me retrouve à aller faire un « safari » avec mes nouvelles coéquipières. C’est toujours agréable d’apprendre à se connaître en dehors du terrain (et de monter un chameau!)

Une pratique a lieu le samedi, nous permettant de parler un peu des jeux et de notre philosophie d’attaque. La plage est superbe : sable blanc, eau turquoise. Les terrains sont déjà prêts. Ça permet de sentir l’excitation du tournoi. On fait un scrimmage contre l’équipe master. Disons que leur soif de bien faire est plus grande que la nôtre. Mais cela nous permet tout de même de nous délier les jambes et je fais une première bonne impression sur le terrain. Je gagne tranquillement la confiance de mes coéquipières et de mes capitaines.

La cérémonie d’ouverture se tient dimanche. J’avais entendu dire qu’on allait avoir des photos d’équipe avec des chameaux. Les chameaux sont absents, petite déception. En attendant que toutes les équipes arrivent dans le stade, on se rafraîchit dans le Golfe Persique. Je fais une petite parade de mode avec le bikini de Karu  Design qui fait toujours impression.

Notre première partie est contre les Américaines lundi matin. Une grosse tâche pour commencer. Nous nous échangeons l’avance, mais les Américains finissent par l’emporter 10-8. Un des points positifs de jouer sur la plage est d’aller faire notre « spirit circle  » dans l’eau après. Une bonne façon de se rafraîchir sous le soleil de Dubaï. Notre deuxième partie est contre les Russes. Cette partie est diffusée en direct. On s’échange les points. Les Russes sont surprenantes : très grandes, très physiques. Elles ont un style de jeu rapide qui rend la défensive difficile après la première passe. Je suis sur le jeu pour un point qui dure près de 15 minutes, point que l’on compte éventuellement.  On espère pouvoir gagner le momentum avec cela, mais non les Russes sont fortes mentalement. Après la demie, elles prennent une avance et ne recule plus. Elle finissent par l’emporter 10-7. Cette première journée est un peu insatisfaisante en termes de résultats, mais on apprend à se connaître et on prend de l’expérience sur la plage. Le moral reste haut.

La deuxième journée commence avec une partie contre l’équipe des Émirats arabes unis. C’est une victoire facile de 13-4. Notre prochain test est contre l’équipe allemande. Je reconnais deux joueuses que nous avons affronté avec Vintage l’été dernier : le numéro 11, Bettina Kieser une handler blonde aux lancers variés et le numéro 9, Hedi Bachmann qui est son receveur favori. On se dit qu’en arrêtant ces deux joueuses, la partie devrait être à nous. La partie est interrompue par un chameau qui passe sur le terrain. Un peu déstabilisant… Les Allemandes ne se laissent pas impressionner (par le chameau?) et elles prennent la victo­ire 9-6. Le moral en prend un coup. On commence à réaliser que personne ne nous laissera la victoire. Il faut travailler. Je finis l’après-midi en allant encourager l’équipe féminine master et mes coéquipières de Vintage qui ont un tournoi de feu.

Les deux premières parties de mercredi sont moins importantes au niveau de notre positionnement. Il est certain que nous finissons cinquième en sortant du pool play. Mais pour notre confiance, nous voulons une bonne partie contre GB. La partie est serrée. De gros jeux sont faits de chaque côté. L’équipe britannique prend la victoire sur un univers. Je dirais que c’est la première partie où nous arrivons à adapter notre jeu au 5 contre 5 sur plage. Mais cela reste une défaite. La partie suivante est contre Currier Island. Pour ceux qui cherchent cette île sur une carte du monde, oubliez cela. Ce pays existe seulement dans le cœur des joueurs (cheezy!). Plus de détails sur l’histoire de ce « pays » sont donnés dans cet article.

La dernière partie de la journée est notre pré-semi-finale. On rentre dans le « do or die ». On affronte de nouveau les Allemandes. Un petit discours de Val et on commence la partie. L’énergie de notre équipe n’est pas la même. On veut la victoire et on est prête à se battre pour. On commence en force en allant chercher les trois premiers points. Les Allemandes ne reconnaissent pas l’équipe qu’elles ont affrontée la veille et sont un peu déstabilisées. Les esprits s’échauffent un peu. On prend la demie 7-2 et on ne s’arrête pas. On remporte la victoire 12-3. C’est super d’avoir réussi à monter l’intensité quand il le fallait.

La semi-finale est contre les États-Unis. Avant la partie, on prend quelques minutes pour aller se présenter aux joueuses de l’autre équipe : une belle initiative de l’équipe américaine. C’est un moment que semble apprécier les deux équipes (bien que plusieurs joueuses se connaissent déjà). Après un premier point du Canada, les Américaines prennent l’avance et n’arrêtent jamais. Elle remporte la partie 11-6. Je ne suis pas certaine que nous avons vraiment tout donné en équipe pour cette partie. Est-ce qu’on y croyait vraiment? Il nous reste la partie pour la troisième place qui sera contre la Grande-Bretagne. Le vent se lève. Chaque lancer complété, chaque attrapé est une victoire en soit. La partie se transforme en un festival de « huck and d ». Disons que ce n’est pas la meilleure publicité pour l’ultimate. Après quelques changements de momentum à travers la partie, on se retrouve à égalité 6-6 avec le « time cap on ». Le prochain point remporte la victoire et la médaille de bronze. GB score et nous finissons quatrième.

Malgré le résultat final qui n’est pas ce que je souhaitais, je suis contente de mon tournoi et de l’expérience que j’ai pris. J’ai réussi à gagner la confiance de mes capitaines et des mes coéquipières rapidement, me retrouvant à jouer sur les points importants dans les trois dernières parties. J’ai rencontré des joueuses super intéressantes et avec qui j’ai eu du plaisir sur le terrain comme en dehors. J’ai joué contre des athlètes exceptionnelles. J’ai échappé à la grisaille britannique et j’ai profité amplement du soleil pendant une semaine.

Finalement, je trouve aussi intéressant de voir à quel point le niveau était élevé. La finale entre les Américaines et les Russes étaient épiques. Si vous ne l’avez pas vue, elle est disponible sur le site des Worlds. Je vous la conseille vivement.

 

 

 

 

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